Beatles ou Risotto

Souvenez-vous, c’était en mai dernier, précisément le jour de l’ouverture du Festival, ma fourchette avait fortuitement atterrie dans l’assiette de mon voisin et était revenue, comme de par hasard vers ma bouche, remplie d’un met si délicieux et si fondant que mes papilles ne s’en étaient toujours pas remises : des coquillettes-jambon.

Flash back.

http://314monamour.com/2012/05/17/paillettes-et-coquillettes-2-2/

J’avais un premier dîner galant et je tenais absolument à épater mon invité en optant pour un plat simple d’apparence qui aurait eu l’effet d’un ascenseur émotionnel.
Il fallait impérativement qu’elles soient divines si je ne voulais pas que l’ascenseur reste bloqué au rez-de-chaussée.

J’étais patiemment en train de tester une énième astuce pour que le gruyère de mes coquillettes-jambon ne forme pas une grosse boule au fond de la casserole quand soudain me vint une idée de génie.

Mes expériences de petit chimiste du fromage s’étant avérées vaines, je décidai de faire jouer mes relations en inventant un subterfuge imparable qui me permettrait d’obtenir LA recette, LE secret. Car oui, je connais des gens qui connaissent le maitre absolu de la coquillette : Mario D’Orio.

« - Allo Anne ? C’est Céleste. Dis-donc, j’ai très envie de faire un article sur le resto du 3.14, tu crois que tu pourrais m’avoir une interview avec le chef ? On pourrait parler du saumon qui est fumé à l’hôtel, ou du brunch bio tiens, qu’est ce que t’en dis ? hein que c’est une trop bonne idée, hein? hein? »

Mon emballement a été suffisamment suspect pour qu’Anne me demande si tout allait bien.
Mais NON, je ne suis pas DU TOUT hystérique à l’idée de rencontrer MARIO D’ORIO !!

Plus tard, j’apprends que « c’est compliqué », que Mario a un planning très chargé et que je ne vais pas pouvoir le rencontrer.
Je suis en train de vivre ma plus grosse déception de fan depuis 1991, jour où j’ai loupé ma photo avec le chanteur des New Kids On The Block en back stage.

J’abandonne l’idée de servir à mon rencart une boule de gruyère avec un tas de pâtes à côté et lui propose d’aller directement les déguster sur place.

Oh, je vous entends d’ici me dire que j’aurais pu cuisiner autre chose. Mais pas question, j’avais tellement envie de ces pâtes que mes yeux sentaient la coquillette.

Je n’étais pas allée dîner au 3.14 depuis le Festival. Entre temps, le restaurant s’est installé sur le toit de l’hôtel. Cadre sublime, légère brise dans mes cheveux, tout allait pour le mieux jusqu’à ce que Yeux-Bleus (cf article sur la zumba, pour les 2 du fond qui n’ont pas suivi) commande un… Risotto au Homard.

La déception, comment pouvait-il commander un risotto après tout ce que je lui avais dit sur les coquillettes. Esprit de contradiction, tentative de rébellion ? Il venait de perdre 10 points d’un coup sur l’échelle de l’homme idéal. Dans la vie y’a toujours 2 catégories. T’es Stones ou Beatles, Pâte ou Riz. Il était dans l’autre camp. Mais je suis restée calme, je lui ai juste dit qu’il ne comprenait rien à la vie en hurlant que les Beatles avaient fait à 4 ce que les Stones n’avaient jamais réussi à faire à 5.
Il n’a pas compris le rapport et m’a dit qu’il était plutôt Beach Boys, en fait.

Nos plats arrivent. Il me propose de goûter son risotto. Mesquine tentative… Mais bon, après tout, je me dis que n’ai jamais refusé d’écouter un album des Rolling Stones.

En faible femme, je fais une infidélité de fourchette à mes coquillettes.
Et là, le pire se produit. Le temps s’arrête dans ma bouche.
J’ai l’impression d’écouter Sympathy for the devil pour la première fois de ma vie.

Et il se produit quelque chose de très étrange chimiquement dans mon corps.
Je me mets à pleurer.

Oui, je pleure quand quelque chose est très très bon. (Quand quelque chose est très très triste aussi, je ne suis pas une extra-terrrestre non plus)

En rentrant chez moi, j’ai écouté l’album blanc des Beatles 3 fois en boucle pour me faire pardonner.

Céleste.

3.14 Piscine Tous les jours de 8h à 02h en soirée
3.14 Pop-Up Restaurant Tous les jours pour le déjeuner de 11h à 17h
Dîner du lundi au samedi inclus de 20h à 23h30

+ d’infos ici !

Mission Zumba

Je sortais d’un week-end plutôt chargé. Le genre de week-end qui fait que ton lundi ressemble à n’importe quel 1er janvier.

  • Cette semaine je me couche tôt
  • Cette semaine, je ne prends pas d’apéro avant mercredi soir
  • Cette semaine, je mange léger.
  • Cette semaine je mets de la crème « contours des yeux » au moins 4 jours d’affilés

Un appel entrant vient m’interrompre au 5ème tiret de ma to do list de bonnes résolutions.

Ce numéro ne s’était pas affiché depuis plus d’un mois sur mon téléphone.

«  – Céleste ?!

- Oui… c’est moi.

- Tu reprends du service »

Tel un agent secret réintégré en mission qui attend les consignes pour servir son pays, je me mets à répondre uniquement avec des phrases exclamatives n’excédant pas 2 mots.

« - J’écoute !

- On a besoin de toi pour venir tester la zumba.

- Bien reçu !

- Rdv à 18h30 sur le toit de l’hôtel.

- OK ! »

Je raccroche d’un index ferme prête à tester ce nouveau… ce nouveau quoi d’ailleurs ? Cocktail ? Appareil vibrant anticellulite nouvelle génération ? Massage ayurvédique-mais-pas-trop ? Ça doit être une technique de tressage brésilien.

Je rappelle…

« - Dis, je dois me laver les cheveux ou pas avant ? »

Mon interlocuteur me bafouille des mots que je ne comprends pas, des mots qui ne sont pas dans mon vocabulaire.

« - Du quoi ? Du S.P.O.R.T ? Qui se …D.A.N.S.E ? »

Génial. J’ai la souplesse et la grâce d’une plaque de B.A 13.

18h30, j’arrive au 3.14. L’aile ouest de la terrasse de l’hôtel a des allures de roof top californien. Le débarquement d’un bus de Women’s Health sans doute.

Avec mon jogging du dimanche qui flotte sur le derrière (appelé localement « cague-braille ») difficile de me fondre dans la masse.

« - Céleste, je te présente Marie l’Or, ton professeur particulier de Zumba »

Le guet-apens ! Le piège du cours particulier. C’est mort pour la place du fond, à gauche, à côté du radiateur.

Mon regard croise celui d’un charmant jeune homme. L’opération séduction à la Zumba, c’est méga risqué pour moi.

Il serait venu un jour de concours de pétanque, j’aurais emballé direct.

Il faut choisir, c’est la zumba ou Yeux-bleus. Mais la patrie avant tout. Je ne me dégonfle pas.

Il me fixe, accoudé au bar. Je lui renvoie son regard avec un message de désolation dedans qui, en langage de battements de cils veut dire « pardon d’avance pour ce que tu vas voir beau brun, je sais qu’entre nous ça aurait pu être torride, mais c’est mieux ainsi tu sais, sois fort »

2 clignements d’œil plus tard, j’attaque le step sur des rythmes lambadesques.

Step touch droite, et gauche : ça y est, c’est parti.

Levé, croisé : je m’emballe. Je n’en reviens pas, je prends du plaisir.

Au pas chassé, mon laisser-aller artistique est total.

Je pense Shakira, la Colombie est en moi et j’ai envie de hurler Waka-Waka. D’ailleurs, je le fais, mais ça ressemble plus à des râles de jument.

Fin du cours. Applaudissements, salut.

Après ce succès aussi soudain qu’inattendu, je me dirige humblement vers le bar en jetant nonchalamment une serviette éponge sur mon épaule.

Yeux-bleus est toujours là. Je commande une bouteille d’eau minérale.

Il s’approche de moi, je sens bien qu’il veut m’aborder.

Je lui souris pour le mettre en confiance. Je conçois qu’une vedette puisse être impressionnante.

« – Excuse me, are you drunk or just very confident? »

Et c’est ainsi que se termine ma belle histoire d’amour avec Blue-Eyes.

Je me tourne vers le serveur.

« - Annulez mon demi Evian. Mettez-moi un demi tout court »

Zumba Dance – Tous les lundis de l’été à partir du 09 juillet à 18h30 sur le toit du 3.14.

Tarif : 10 €

Voilà, c’est fini.

Comme dirait Jean Louis Aubert…

J’ai quitté l’hôtel ce matin, le coeur léger et le foie lourd.
(Ou l’inverse, ou tout lourd en fait)

C’était une journée de 264 heures incroyable.
Dans quelques minutes nous serons tous en dépression post-festivalum.
Cet article va sans doute manquer de MDR, parce que je suis toute tristoune de l’interieur.
Tout le monde me manque déjà, à commencer par le sommeil, mais vous aussi vous allez me manquer les piou-piou.

Céleste est née le 1er jour du festival, comme un papillon de nuit, elle va s’eteindre ce matin. (ton grave et solennel)
Ceci est mon dernier battement d’ailes. Je suis réellement au bout de ma vie de festival.
Bon, filez moi une corde tout de suite, qu’on en finisse !

A moins que…
Bon, si vous voulez que Celeste reste dans l’aventure, tapez 1,
Si vous voulez que Celeste quitte l’aventure, tapez 1 aussi.

C’ETAIT UNE BLAGUEUUU ! Bien sûr que je reste! Au 3.14 c’est le festival toute l’année, alors vous risquez de me revoir dans le coin très prochainement.

Pour cette cérémonie de clôture bloguesque, j’ai décidé d’attribuer les palmes du 1er Festival mon amour de Cannes.

La palme de la toutes catégories confondues est attribuée à Anne, notre dircom que j’ai fait passer pour une tortionnaire pendant tout le festival. (Avec mention spéciale pour son port de chignon dick rivers/robesbierre impéccable)
La palme du record de phrases lol par minute est attribuée à Emilie, notre photographe
La palme de la mise en ligne de blog est attribuée à Margaux, mon correcteur automatique humain.
La palme du peps et de la bonne humeur est attribuée à Sophie
La palme du dee-jaying est attribué à Thomas
La palme de l’amour qui nous éclabousse est attribuée à Karine et Patrick
La palme de la béquille est attribuée à David.
La palme du Eddy Mitchel est attribuée à Rose, la directrice de l’hôtel qui a pris les platines hier soir.

Oui, hier soir c’était carte blanche au Airnadette, et Carte Rose à Rose.

Merci à toute la Pi-Family, aux magiciens et magiciennes du Studio 116, aux artistes que j’ai interviewés, Rossy de Palma, Phyltre, Airnadette.

Merci à vous les piou-piou.

et Merci au 3.14 de m’avoir offert ma dernière nuit (seule comme une merde) à l’hôtel.
A présent, j’ai un nouveau porte-clé violet tout mignon, "la balançoire en fête" du Kamasutra en chocolat était délicieuse et j’envisage de vivre chez vous à l’année.

Il est temps de trouver des remèdes pour sortir au plus vite de ce blues post festivalum, je reviendrai vers vous si je trouve des astuces. En attendant, je vous laisse.
J’ai du vitriol sur le feu.

A bientôt…

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.